Afrique de l’Ouest : tensions stratégiques mais guerre improbable.
La récente visite du général américain Michael Langley en Côte d’Ivoire, où il a été reçu par le président Alassane Ouattara, s’inscrit dans un contexte de repositionnements stratégiques. Washington entend renforcer ses partenariats sécuritaires dans la région, alors que les bases françaises ont été évacuées du Mali, du Burkina Faso et du Niger. En parallèle, lAES fait grandir ses relations stratégiques et de défense. Mais faut-il craindre une guerre ouverte entre voisins africains ? Très peu probable.
Malgré la rhétorique virulente et les repositionnements stratégiques, aucun acteur régional ne semble avoir intérêt à déclencher un conflit armé direct ou en être le fer de lance. Les économies sont fragiles, les frontières poreuses, et les défis internes – insécurité, instabilité sociale, pression démographique – restent prioritaires. La situation actuelle appelle à la vigilance, mais pas au catastrophisme. L’Afrique de l’Ouest entre dans une phase de recomposition durable, marquée par des frictions, des défis partagés, et des intérêts parfois divergents. Toutefois, les équilibres de la dissuasion, de la géographie et de la réalité politique rendent une guerre majeure improbable à court terme.
Si Yamoussoukro se positionne aujourd’hui comme pivot de l’influence américaine dans la région, c’est d’abord parce que le pouvoir ivoirien craint une déstabilisation par ricochet. La proximité géographique avec les États de l’AES, où circulent groupes armés, mercenaires et flux incontrôlés, inquiète. Mais cette posture traduit aussi une stratégie plus large : envoyer un message clair aux capitales sahéliennes – ne pas servir de sanctuaire indirect à des éléments hostiles – tout en affirmant un leadership régional pro-occidental.
Pour Alassane Ouattara, l’enjeu est double : sécuriser son territoire, mais aussi renforcer sa légitimité internationale à l’heure où la tentation de la prise de pouvoir par les armes a refait surface dans plusieurs pays de la sous-région.
Boubgar Tally.
